Les invertébrés du bassin

La libellule et la demoiselle

   Libellula quadrimaculata  Calopteryx splendens - mâle

A ne pas confondre : à gauche la libellule et à droite la demoiselle. On les reconnaît aisément quand on a l'habitude : à l'arrêt (comme sur les photos) la libellule garde les ailes dépliées contrairement à la demoiselle qui les replient. Toutes deux sont de terrifiantes prédatrices des milieux aquatiques : elles chassent les papillons, les mouches, les moustiques, les éphémères et les phryganes. Les larves quant à elles se nourrissent d'invertébrés aquatiques, d'alevins et même de têtards ! Ces deux insectes appartenant à l'orde des odonates mesurent : pour la libellule de 4 à 6 cm de long environ et pour la demoiselle de 3,5 à 4 cm en général. Ces deux insectes sont de magnifiques "ornements" qui colonisent rapidement les bassins de jardin. Leurs larves représentent cependant des prédateurs pour les alevins.

L'éphémère et la phrygane

 Ephemera danica  Phrygane à l'état larvaire

Deux autres insectes à ne pas confondre : l'éphémère (à gauche) et la phrygane (à droite). Au stade larvaire on les reconnaît facilement : la larve d'éphémère est rampante dans les rivières rapides et toute en longueur dans les eaux stagnantes et aux courants lents. Elle possède également trois queues pour respirer. La larve de phrygane ressemble à un ver qui vit généralement dans un fourreau qu'elle fabrique à partir de coquilles de mollusques, de feuilles mortes et de petits cailloux. Arrivés adultes ils sont plus difficiles à distinguer : l'éphémère prend quelque peu l'apparence d'une demoiselle et la phrygane ressemble à un petit papillon de nuit. Tous deux ne vivent pas plus de deux jours et ne se nourrissent pas à l'âge adulte. L'éphémère adulte mesure de 1,4 à 1,8 cm de long et la phrygane 3 cm. L'éphémère constitue également un bel ornement de bassins.

Le moustique

 Culex quinquefasciatus

Le moustique est un animal détesté de l'homme. Seule la femelle est suceuse de sang. Ce dernier qu'elle accumule lui permet de pondre ses œufs. Quand ils éclosent on découvre alors des centaines de milliers de petites larves ressemblant à des petits têtards avec la tête en bas. Ces larves deviennent des nymphes qui sont pratiquement semblables mis à part qu'elles ont des antennes plus visibles et une tête plus grosse. Ces larves sont très appréciées des poissons. Dans la plupart des bassins où les bulleurs créent bien sûr du courant ces larves ne peuvent survivre longtemps car ne sachant pas très bien nager et ne sachant faire de l'"apnée" que quelques secondes elles meurent. les moustiques finissent par ne plus y pondre. Pour continuer d'avoir de ces larves qui représentent une friandise pour les poissons d'ornement il ne faut pas de bulleur. Cet insecte mesure jusqu'à 0,6 cm à l'âge adulte.

Le chironome

 Chironomus plumosus

Le chironome est souvent confondu avec son cousin le moustique mais il est légèrement plus grand : 0,9 à 1,3 mm. Ses larves sont les fameux vers de vase qu'il ne faut pas retirer du bassin car ils sont très appréciés des poissons. Il peut y avoir jusqu'à 700 larves par m² ! Le chironome est nectarivore à l'âge adulte et détritivore  au stade larvaire. Il se multiplie très vite et tant mieux pour les poissons ! Pour qu'il peuple votre bassin plus rapidement il est vendu dans le commerce. Les chironomes devenus adultes sont très appréciés des ides mélanotes qui les "gobent" en surface.

Le morio

Le morio est l'un des plus beaux papillons de jour d'Europe. Il occupe une large aire de répartition dans toute l'Eurasie. Malheureusement il s'y fait de plus en plus rare. En revanche il est considéré espèce invasive au Canada. Le morio mesure généralement 2,5 cm de long pour une envergure allant de 5,5 à 7,5 cm. C'est l'une des plus grandes vanesses. L'adulte hiverne et à son réveil il se nourrit de la sève des arbres blessés. Sa chenille est très voraces et détruit la végétation aquatique. Les libellules et les demoiselles comptent parmi ses plus grands prédateurs. On en rencontre quelquefois en Scandinavie mais ce sont des individus migrants.

Le vulcain et le machaon

 Vulcain  (Vanessa atalanta) sur un buddleia  Machaon (Papilio machaon)

Le vulcain et le machaon sont deux papillons de jour magnifiques. Malheureusement le machaon est en voie de régression et il est rare d'en croiser un désormais. Il faut éviter d'arracher les orties car la chenille du vulcain s'en nourrit. Ce dernier est souvent aperçu en automne sur les fruits tombés à terre. La chenille du machaon se nourrit de feuilles de carottes, de persil et de fenouil. Elle est souvent tuée en raison de son odeur nauséabonde lorsqu'elle se sent agressée ou parce que les gens la considère nuisible. Il est conseillé de laisser dans votre jardin une parcelle en friche pour attirer ces papillons. L'arbre à papillons attire énormément de vulcains. Sur ce site vous trouverez un forum entièrement dédié aux papillons.

L'écaille martre

Un papillon de forme triangulaire, ailes supérieures brunes sillonnées de blanc, ailes inférieures ocres avec des points noir bleuté

L'écaille martre est souvent considéré comme le plus beau de tout les papillons de nuit. Malheureusement il est devenu rare un peu partout dans son aire de répartition. C'est surtout dans le sud de la France qu'on peut encore le trouver; bien qu'il reste rare. Sa chenille est traquée sans pitié par les agriculteurs et elle est extrêmement sensible à la pollution. Pourtant cette même chenille est très utile car elle se nourrit principalement d'herbes envahissantes comme le chiendent. L'adulte est protégé mais pas la larve !? Donc à quoi bon protéger une espèce si c'est pour tuer les jeunes ? En espérant que cette espèce rare soit un jour protégée. Des parcelles en friche aide beaucoup ce papillon à reconquérir nos jardins.

Le dytique et l'hydrophile

 Désolé image manquante pour l'hydrophile

Le dytique est un coléoptère carnivore aquatique qui peut représenter un prédateur pour les petits poissons et les alevins. Il se nourrit d'invertébrés, alevins, petits poissons, têtards... Il mesure jusqu'à 3,5 cm de long. Malheureusement il est devenu de plus en plus rare en France. Même si il se nourrit d'alevins il ne faut pas le tuer car c'est une espèce protégée et qui est en régression partout en France. Son cousin l'hydrophile est encore plus rare et lui ressemble bien qu'il soit plus gros et mesure 6 cm de long. Il est aussi herbivore et se nourrit des algues vertes et des plantes de bassin. Il ne faut pas l'exterminer bien qu'il mange les plantes car c'est une espèce protégée devenue rare en France.

La chrysomèle de l'aulne

 Agelastica alni

La chrysomèle de l'aulne est un coléoptère ravageur dont les larves se nourrissent des feuilles de l'aulne où elles y causent de gros dégâts. Elles peuvent se rencontrer en grand nombre sur un même arbre car ces insectes sont grégaires. La chrysomèle de l'aulne se trouve sur les aulnes glutineux et blancs. Ce coléoptère mesure en général pas plus de 0,5 cm.

Le lucane

 Lucanus cervus, mâle

Le lucane cerf-volant est sans aucun doute un des plus grands coléoptères d'Europe : avec une taille variant entre 7 et 11 cm il a de quoi impressionner ! La femelle est cependant beaucoup plus petite : 3 cm. Ses deux pinces (très réduites chez la femelle) ne sont pas dangereuses (du moins pour nous) car elles lui servent à se battre entre rivaux et à arracher les fines écorces des petits arbres pour aller en sucer la sève. En effet ce monstre est herbivore ! Il préfère la vie en forêt mais appréciant l'humidité il aime bien vivre aux abords des bassins.

La luciole

Lucioles mâles (gros yeux noirs)

Contrairement à ce que beaucoup pensent la luciole n'est pas une petite mouche qui émet de la lumière, mais un coléoptère, une cousine des dytiques et des scarabés ! La femelle passe toute sa vie à l'état larvaire sans jamais devenir adulte. Le mâle lui, est d'abord un ver se nourrissant de vers de terre et d'escargots, puis devient un petit scarabé marron de 2,2 à 2,8 cm qui ne se nourrit pas. Elle est attirée par les points d'eau.

Le gerris

 Gerris lacustris

Le gerris est couramment appelé araignée d'eau mais c'est un insecte du même ordre que la punaise. Il se nourrit de larves de moustiques et d'invertébrés tombés à l'eau. Il mesure de 0,6 à 1,8 cm bien qu'on puisse en trouver atteignant facilement les 4 cm. Il est très apprécié des ides mélanotes et représente le plus souvent un bel ornement pour bassin. Il se reproduit très vite mais ne devient jamais vraiment invasif. Les grenouilles sont ses principales prédatrices. Ses accouplements sont très gracieux sur l'eau mais un rien peut les séparer. Il colonise très rapidement les bassins mais peut-être introduit sans problèmes. Il sert parfois d'ornement d'aquarium d'eau froide auquel il s'habitue facilement.

La notonecte, la nèpe et la ranâtre

 Notonecta glauca Nepa cinerea Ranatre linéaire, en position de chasse. On voit bien le siphon, qui lui permet de respirer à la surface, et les grandes pattes ravisseuses, repliées en Z

La notonecte (à gauche), la nèpe (au centre) et la ranâtre (à droite) sont trois insectes prédateurs de l'ordre des hémiptères, c'est à dire que ce sont des cousines des gerris et des punaises. Elles représentent toutes trois une menace pour les alevins et les petits poissons comme les gambusies. D'autre part elles se nourrissent d'invertébrés aquatiques et de têtards. Elles mesurent respectivement : 1,2 cm, environ 5 cm et 3,5 cm. La notonecte nage sur le dos car au lieu d'emmagasiner l'oxygène dans une poche respiratoire, elle le garde sous ses pattes "rames" ce qui la fait remonter. La nèpe et la ranâtre qui sont de la même famille possèdent une "queue" qui fait tuba.

La grande sauterelle verte

 Tettigonia viridissima - femelle

La grande sauterelle verte est souvent confondue avec un criquet mais elle est nettement plus grande : 5 cm et 5 autres cm pour les antennes ! De plus c'est un insecte solitaire. Elle est innofensive mais est une grande dévoreuse de feuilles en tout genre. Il est cependant totalement interdit de la tuer car c'est une espèce protégée qui a beaucoup régressée depuis ces dernières années. Elle ne saute pas complètement et préfère s'aider de ses ailes en voletant. Pour l'attraper (chose diffcile) il faut la prendre au milieu de son abdomen pour éviter les morsures qui ne sont pas dangereuses mais douloureuses. Elle n'est pas forcément "adepte" au milieux aquatiques mais aime les plantes des bassins qui sont souvent fraîches à l'intérieur. Elle apprécie surtout les hautes herbes que certaines personnes laissent pousser autour de leur point d'eau ou dans leur jardin.

 

L'argyronète

 Argyroneta aquatica

Nous sortons enfin du monde des insectes pour rentrer dans celui des arachnides. L'argyronète est une araignée aquatique qui mesure de 1 à 1,5 cm de long. Elle tisse une toile entre les plantes aquatiques dans laquelle elle s'enferme et emprisonne avec elle une bulle d'air. Elle se nourrit d'invertébrés et d'alevins et exceptionellement de têtards. Elle aime les bassins bien plantés où elle peut tisser sa toile. Elle est devenue rare en France et est désormais protégée.

La tétragnathe

 Tetragnatha extensa

La tétragnathe est une araignée toute allongée mesurant jusqu'à 6 cm. Elle tisse sa toile au bord ou au-dessus de l'eau. Cette araignée est courante sur les berges des bassins et représente un grand prédateur pour les demoiselles, phryganes et éphémères. Le mâle est plus petit que la femelle, comme chez beaucoup d'araignées exceptée par exemple l'argyronète.

L'écrevisse américaine et l'écrevisse européenne

 Écrevisse américaine à Szczecin en Pologne  Astacus leptodactylus

L'écrevisse américaine (à gauche) menace fortement l'écrevisse européenne (à droite). Originaire d'Amérique du Nord, en particulier des Etats-Unis, cette écrevisse a été introduite pour valoriser certains plans d'eau, pour la pêche ou encore comme animal de bassin. Malheureusement elle a gagné les eaux libres où elle s'est tellement répandue que l'on ne s'en débarassera jamais. Surtout que deux de ses proches parentes ont également été introduites pour les mêmes raisons : l'écrevisse rouge de Louisiane et l'écrevisse du Pacifique. Toutes trois représentent des concurrents que n'avait pas l'écrevisse européenne autrefois et la menace sérieusement. Surtout qu'elles supportent un degré de pollution très élevé et de faibles teneurs en oxygène. On reconnaît l'écrevisse américaine de l'européenne par ses taches rouges sur le dessus de son corps. L'écrevisse européenne elle, préfère vivre dans les rivières rapides, les torrents et les lacs de montagne bien oxygénés. Sa cousine des Amériques habite plutôt les étangs, les mares et les rivières lentes. Si vous avez des écrevisses dans votre bassin il y a de grands risques que se soient des américaines.

L'aselle

 Asellus aquaticus

L'aselle est un crustacé aquatique ressemblant beaucoup au cloporte. Dans un bassin sa présence n'est pas à négliger car elle le nettoie de tous les restes de nourriture tombés au fond qui pourraient polluer le bassin. Elle est aussi appréciée des poissons. L'aselle mesure 0,8 cm pour la femelle et 1,5 cm pour le mâle. Elle est détritivore. On la rencontre dans les rivières lentes et rapides, dans les cours d'eau soutterains, les mares et les étangs. Pour peupler votre bassin d'aselles, elles sont parfois vendues dans des magasins spécialisés dans les bassins.

 

 

La limnée et la planorbe

 Lymnaea stagnalis  Planorbella trivolvis

La limnée (à gauche) et la planorbe (à droite) sont deux mollusques aquatiques. Ils mesurent respectivement pour la coquille 3,5 à 6 cm de long et 3 cm de diamètre pour la coquille de la planorbe. La limnée se nourrit d'algues vertes, de plantes aquatiques et parfois de larves de tritons et salamandres. Elle est parfois éliminée en raison de sa voracité envers les plantes des bassins, mais elles restent utiles en se nourrissant des algues vertes et représentent tout de même (pour les gros individus) un magnifique ornement. La planorbe est encore plus belle et en plus ne se nourrit que d'algues indésirables. Les petits individus des deux espèces sont parfois dévorés par les poissons, en particulier les carpes koïs et les poissons rouges.

La limace

 Arion lusitanicus

La limace est bien sûr l'ennemi de tout jardinier. Pourtant elle dévore aussi les trèfles et fleurs de moutarde qui sont envahissants. Elles sont donc souvent tuées volontairement par les pesticides. Mais il vaut mieux, si vous désirez l'éliminer utiliser des pièges à bière : il faut mettre de la bière dans un verre que l'on enterre dans le jardin en laissant l'ouverture accessible et les limaces se noieront. Cet animal proche de l'escargot possède bel et bien, contrairement aux croyances populaires, une coquille mais tellement petite qu'elle n'est en réalité qu'une sorte de seconde couche de "peau" par-dessus la véritable. Je considère la limace comme la faune des bassins car en été le peu que l'on peut voir sont souvent près des bassins car la fraîcheur les attirent. Ce mollusque mesure jusqu'à 15 cm.

L'anodonte

 Anodontes du cygne  Anodonta anatina

L'anodonte est un mollusque bivalve (contrairement aux limaces, limnées et planorbes qui sont des gastropodes, c'est à dire à une coquille unique), plus connu sous les noms de moules d'eau douce ou moule filtrante, ce dernier nom étant souvent utilisé dans le commerce. Cet invertébré mesure jusqu'à 20 cm de long et peut vivre 150 ans ! Ce qui fait de lui le deuxième animal qui peut vivre le plus longtemps après diverses espèces de tortues. L'anodonte est très utile en bassin car elle filtre l'eau, jusqu'à 30 l par jour ! Pour les gros individus, idem pour les petits puisqu'ils vont grandir, on peut en mettre 1 ou 2 par m3. On distingue de nombreuses espèces dont deux vendues dans le commerce : l'anodonte des cygnes (à gauche) et l'anodonte des peintres (à droite). Contrairement à de nombreuses croyances, cet animal bouge et est même très rapide ! L'anodonte se déplace à la verticale. La moule filtrante était autrefois très recherchée et abondamment pêchées pour leur prélever leur nacre. Leur pêche est désormais interdite car on en trouve de moins en moins en France, notamment à cause d'une espèce qui lui est presque semblable : la moule zébrée, originaire du bassin de la mer Caspienne.

La sangsue

 sangsue

La sangsue est l'un des animaux les plus détestés depuis les temps les plus reculés. Véritable vampire aquatique, ce ver de 6 à 10 cm de long a autrefois été employé dans la médecine pour prélever du sang des malades. Les petites sangsues comme par exemple la sangsue noire sont totalement innofensives et se nourrissent plutôtde de zooplancton et de débris animaux. la véritable sangsue suceuse de sang est la sangsue médicinale, espèce protégée dans l'Union Européenne, car trop recherchée pour ses valeurs médicales elle est devenue rare. Dans certaines pharmacies elle est encore vendue. C'est aussi elle qui suce le sang des poissons et qui peut provoquer chez eux des infections sanguines.

L'hydre

 Hydra viridis

L'hydre est détestée : c'est un cnidaire, loitaine cousine des méduses et des anémones de mer. Elle mesure jusqu'à 3 cm et se nourrit de petits invertébrés aquatiques et d'alevins. Les plus gros spécimens peuvent se nourrir de têtards. Cet invertébré est détesté car il est invasif. Une fois que l'on trouve un individu, on est sûr que l'on en trouvera d'autres : cet animal se reproduit par bourgeonnement et est immortel ! Heureusement des traitements anti-hydres existent.

 

 

 

 

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